En Grande Bretagne

La Beatlemania déferle sur la Grande Bretagne dès le début de 1963.

Surfant sur cette vague, un certain Sean O’Mahony prend contact avec Brian Epstein et lui demande la permission de créer un magazine entièrement dédié aux Beatles. Epstein et les membres du groupes lui donnent leur accord et un premier numéro voit le jour en août 1963. Sean O’Mahony adopte le pseudonyme de Johnny Dean.


La couverture du N° 1 anglais

Ce premier numéro, aujourd’hui fort recherché des collectionneurs, est tiré à 80.000 exemplaires. Le succès est immédiat et le tirage grimpe à 330.000 exemplaires dès la fin de l’année 1963.

Le « Beatles Book » (ou « Beatles Monthly Book ») est, comme son nom l’indique, un mensuel de petit format (A5), relié, qui propose des reportages et des clichés souvent inédits (en N&B) réalisés par Leslie Bryce, photographe proche des Beatles. Les articles sont illustrés de petits croquis dus au talent de Bob Gibson qui réalisera en 1967 la bande dessinée incluse dans les pages centrales du double 45T « Magical Mystery Tour »).

Cette première série, qui comprend 77 numéros, s’acheva avec le numéro de décembre 1969.

En Mai 1976, Sean O’Mahony redonne vie au mensuel en rediffusant les 77 numéros d’origine complétés de pages consacrées à l’actualité des membres du groupe, désormais tout à leur carrière solo. Une fois les 77 numéros rediffusés, Sean O’Mahony décide de prolonger la vie du magazine avec, cette fois, un contenu entièrement original. Cette série dura jusqu’en janvier 2003 où un ultime – pour l’instant … - numéro (le 320) fut publié.

En France

Chronologie

Début 1964, les Beatles jouent 3 semaines de suite à l’Olympia de Paris. Peu à peu, les médias s’emparent du phénomène et, sans aller jusqu’à parler d’une « Beatlemania » à la française, les Beatles deviennent quand même des vedettes fort populaires en France.

Un hebdomadaire de programmes radio / télévision va avoir l’idée de proposer à ses lecteurs un supplément intitulé « Les Beatles Magazine » qui se présente comme une sorte de copie conforme du « Beatles Book » anglais, totalement inconnu en France. Ce magazine s’appelle « La Semaine Radio Télé ». Plus tard, il se transformera en « Télérama ».



Les « Copains » lecteurs du N° 10 de « La Semaine Radio Télé », publié le 7 mars 1964, découvrent l’existence d’un « Les Beatles Magazine » en vente chez tous les marchands de journaux au prix de 1F50.



La mention « en vente chez tous les marchands de journaux » est intéressante car elle montre bien qu’il ne s’agissait pas d’un bon de commande à découper dans l’hebdomadaire pour obtenir le magazine mais simplement d’une publicité incitant les « Copains » à le demander dans leur maison de la presse favorite.

Dans ces conditions, la raison pour laquelle le magazine est présenté comme un « supplément » de la Semaine Radio-Télé demeure un mystère.

D’ailleurs, alors que mettre un cliché des Beatles en couverture soit déjà un gage de bon tirage dans la presse française, « La Semaine Radio-Télé » choisit de mettre à la une de ce numéro 10 un fringuant jeune homme de 80 ans, le chef d’orchestre Suisse Ernest Ansermet, qui n’est cependant pas sans avoir un certain point commun avec le Paul McCartney de la couverture du supplément présenté ...



Des images que le politiquement correct qui règne en despote absolu sur tous nos dociles médias ne permettrait plus …

Les éditeurs de ce premier numéro ne se sont pas démarqués du modèle anglais (nous en reparlerons plus loin en détail) et ce N° 1 reprend le même cliché que son homologue anglais.



Les « Copains » fans des Beatles durent patienter 2 mois pour voir le second numéro de leur magazine. C’est en effet avec le N° 19 de « La Semaine Radio-Télé », en date du 9 mai 1964 que le N° 2 fut disponible.

Un troisième - et dernier numéro - fut publié le 3 octobre 1964, soit un peu de moins de 5 mois après de second numéro. Pourquoi un tel écart ?

Et ce fut tout pour le « Les Beatles Magazine ». Trois petits tours et puis s’en vont …

En Sac

Les fans retardataires ont eu l’occasion de se racheter lorsque la série complète des 3 numéros fut mise en vente pour une somme globale de 4F50 (soit le prix cumulé des 3 exemplaires à l’unité), le tout emballé dans un sac en plastique noir.



De nos jours, l’ensemble sac + 3 numéros est un objet assez recherché des collectionneurs.

Trois couleurs

Les « Beatles Monthly Book » anglais ont eu trois familles de couleurs pour leur couverture : différentes nuances de bleu, de rouge et de mauve. Deux des couvertures françaises se sont distinguées par un fond de couleur original : le vert et le jaune.

Le contenu

Le contenu des magazines français est un savant mélange d’articles propres à l’édition française et d’articles purement et simplement traduits des magazines anglais.

Le N° 1

Après un édito signé d’un certain Jean-François, le premier article s’attaque à un portrait de chacun des quatre Beatles intitulé « Et d’abord, qui sont-ils ? ». Une excellente entrée en matière qui s’imposait.

On s’aperçoit que l’auteur de l’article est fâché avec l’orthographe du nom de famille de Paul, le « Mac » en 3 lettres se substituant au « Mc » réglementaire.



Commence ensuite un « feuilleton » que l’on retrouvera dans les deux autres numéros de la collection : « le Roman vrai des Beatles », signé Billy Shepherd, qui n’est que la traduction française du « Tale of Four Beatles » publié dans le « Beatles Book » anglais à partir du second numéro.


en français …


… et en anglais, dans le N° 2.

Il est toujours amusant de trouver un « Courrier des lecteurs » dans le premier numéro d’un magazine. Notre magazine s’en explique en indiquant que les lettres reproduites ont été adressées aux Beatles à travers leur maison de disques Odéon France.

Pourquoi pas ? Il demeure quand même pour le moins surprenant que des fans basés dans le Surrey ou à Stockholm aient eu l’idée de s’adresser à la maison de disques française pour joindre les Beatles. Mais pourquoi pas après tout …

La plupart du temps, les auteurs des lettres se contentent de clamer leur admiration et de réclamer des photos dédicacées. On remarquera quand même que la lectrice anglaise trouve les Beatles casse-pieds …



La discographie française des Beatles n’est pas oubliée et une page rappelle tout ce qui était alors disponible « en exclusivité » chez Odéon. Ce rappel se retrouvera dans les numéros suivants avec les nouveautés sorties entretemps.



Le N° 2

Si le premier numéro surfait sur la renommée des Beatles en France après leur passage à l’Olympia, le second numéro nous propose le récit de ce séjour Parisien, récit qui, évidemment, est très inspiré de celui qui avait déjà été publié dans les « Beatles Book » anglais.


prochainement sur vos écrans ...


en version originale.

Ce second numéro annonce aussi la naissance du fan club français.



Les rédacteurs du « Les Beatles Magazine » affirment en être l’organe officiel.

Heureusement pour lui, le club durera plus longtemps que le magazine …

« Bonsoir Paris » avait déjà évoqué ce fan club français dans sa page consacrée à « L’âge des idoles », comme en témoigne ce petit rappel où l’on invitait les fans à y adhérer :



extrait de l’âge des idoles

Le Régis dont la signature est reproduite sous cette annonce est Régis Duchan, président du « Beatles-Club ».

On y lit la promesse de recevoir un 45T réalisé spécialement à l’attention de ceux qui s’inscrivent. Ce 45T est actuellement un des disques les plus recherchés des collectionneurs français.




Carte de membre offerte aux adhérents du fan club français

Le N° 3

Troisième et dernier numéro de la série française, il est consacré pour l’essentiel au film « Quatre Garçons dans la vent » et à la troisième et dernière partie du « Roman vrai des Beatles ».

Rien de bien particulier dans ce troisième numéro.

Rien ne laisse préjuger qu’il clôt la série.

Que reste t-il de cet éphémère « Les Beatles Magazine » ?

Une jolie pièce de mémorabilia française, surtout en collection complète avec le sac noir. Il n’y en a pas tant que cela.

Et puis d’autres magazines issus de fan clubs prendront le relai. Le dernier d’entre eux, le « Magical Mystery News » du « Club du Sgt Pepper » de Laurent Barraud ayant cessé deparaître il y a quelques mois seulement.

Claude, Philippe, Hervé et Stéphan.